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Je ne suis pas de ceux qui haïssent l’intelligence artificielle (IA). Il faudrait que je sois un hypocrite de classe mondiale pour prétendre le contraire.
La dernière fois que j’ai occupé un quasi-emploi à quasi-temps plein, c’était dans une entreprise qui développait des solutions d’IA pour la reconnaissance de la parole—en 1998-99. Les fondations de mon doctorat en histoire numérique sont solidement ancrées dans les statistiques et l’apprentissage automatique. Et si un certain professeur n’était pas parti en sabbatique au pire moment, j’aurais choisi l’IA comme champ de recherche lors de ma première tentative de doctorat, qui remonte aux ténèbres de 1991; qui sait, peut-être aurais-je persévéré et serais-je devenu un chercheur de carrière en informatique plutôt que de m’enfuir pour joindre le cirque du développement de jeux vidéo? Ceci dit, toutes les IA ne sont pas équivalentes. L’IA générative, qui asphyxie le discours sur la place publique depuis deux ans pour mieux enfler une bulle spéculative boursière qui ne peut que nous éclater au visage, ne représente absolument pas l’apprentissage automatique dans son ensemble. Encore moins la totalité du champ de l’intelligence artificielle. Pour dire les choses crûment: l’IA est fascinante, mais l’IA générative est une cochonnerie. Pourquoi ne devrais-je pas être forcé d’écrire cet essai Au plan éthique, l’IA générative est indéfendable. Vous connaissez déjà les raisons. Les données d’entraînement volées. Le criminel gaspillage d’eau douce et d’énergie. L’emmerdification du travail, qui dégénère un peu plus à chaque fois que l’on doit réparer une bouette d’IA plutôt que de s’attaquer à des tâches utiles. (J’utilise ici l’expression bouette d’IA pour traduire AI slop.) Les hallucinations, c’est-à-dire les mensonges, qui pourrissent les cerveaux et polluent tout ce qu’elles touchent, des brefs juridiques rédigés par des paresseux jusqu’aux rapports gouvernementaux sur… l’éthique de l’IA. Sans parler des personnes vulnérables poussées au suicide par leurs robots conversationnels, ce qui devrait suffire à bannir cette technologie et à faire livrer ses promoteurs à La Haye, pieds et poings liés. Et pourtant, des “auteurs/autrices” continuent à “écrire” des romans, des nouvelles et des articles avec l’IA générative. Pourquoi? Ignorons pour le moment les cas pathologiques: les paresseux en phase terminale, les fraudeurs impénitents, etc. Qu’ils aillent au diable! Je m’intéresse ici aux personnes qui utilisent l’IA générative de relativement bonne foi. Et j’ai identifié deux caractéristiques du marché de l’édition qui pourraient être en cause. Attention: ni l’une, ni l’autre de ces justifications ne me semble bonne. Elles reposent cependant sur un fond de vérité qui exige que l’on s’y attarde. L’IA est une échelle qui ne mène nulle part La première raison d’utiliser l’IA, c’est qu’elle facilite le travail. Évidemment; inventer une histoire qui se tient, c’est tout un défi. Fignoler chaque scène, chaque paragraphe, voire chaque mot jusqu’à en faire une oeuvre d’art? Encore pire. Et la compétition est tellement féroce que même nos plus durs efforts ne sont pas toujours couronnés de succès. L’ingénierie d’amorces (prompt engineering), c’est un jeu d’enfant en comparaison. C’est de là que provient toute la valeur de l’IA générative, selon ses promoteurs: elle nous permet d’obtenir des résultats sans passer par le processus de création sous-jacent. Le problème? Ce qui rend l’écriture agréable, c’est justement ce processus et l’effort qu’on y consacre. Avez-vous déjà tapé une ligne de dialogue et réalisé que les mots qui apparaissaient à l’écran n’étaient pas ceux que vous attendiez? Que votre subconscient avait bifurqué dans une direction inattendue et donné à votre personnage quelque chose à dire ou à faire qui était beaucoup plus intéressant que ce qui se retrouvait dans votre synopsis? Y a-t-il une sensation plus excitante? À part peut-être celle de trouver enfin la tournure de phrase ou la figure de style qui apporte à votre oeuvre la touche finale que vous recherchiez? Aucun robot conversationnel ne pourra jamais régurgiter quoi que ce soit d’aussi satisfaisant, parce que le texte produit par l’IA ne vous appartient pas. Au mieux, vous ressentirez le même quasi-plaisir malsain qu’un patron véreux qui s’approprie le travail d’un subordonné pour mieux paraître aux yeux de la haute direction. Est-ce que c’est ça que vous recherchez? Ne méritez-vous pas mieux? Bien sûr, si vous effectuez une belle découverte en cours d’écriture, vous devrez peut-être réviser une scène antérieure en conséquence. Peut-être faudra-t-il même revoir toute la charpente de votre histoire, jusqu’à ce qu’elle trouve un nouvel équilibre. Mais ça aussi, c’est passionnant. Les êtres humains sont des machines à résoudre les problèmes. Laisser un vulgaire algorithme concevoir votre histoire équivaut à engager quelqu’un d’autre pour résoudre vos sudokus à votre place. Quoi de plus futile? L’IA en tant que stratégie d’adaptation La deuxième raison de faire appel à l’IA en cours d’écriture est plus sournoise, parce qu’elle s’ancre dans la nature humaine et parce qu’il n’existe pas de contre-argument aussi direct que celui que je viens d’invoquer. Il s’agit de la peur de l’échec. Dans le triste monde de l’édition, il y a des barrières partout. Les requêtes envoyées aux agents littéraires restent sans réponses. Les magazines n’achètent qu’une infime fraction des histoires proposées. La plupart des manuscrits ne sont jamais publiés ou ne parviennent pas à soutirer plus qu’un haussement collectif d’épaules sur le marché. Un véritable bain de sang. En d’autres termes: pour beaucoup d’entre nous, le plaisir de l’écriture doit constituer sa propre récompense parce qu’il n’y en aura jamais d’autre. (Laissez-moi vous raconter une anecdote déprimante. Le milieu de l’édition savante est reconnu pour être extraordinairement compétitif et cruel. Eh! bien, pendant toutes mes années en milieu universitaire, aucune revue n’a jamais rejeté un de mes manuscrits. Pas une seule fois. Les presses de mon université m’ont même approché elles-mêmes pour offrir de publier ma thèse sous forme de livre, après que j’aie gagné un prix prestigieux, sans que je ne lève le petit doigt. Pourtant, depuis que j’ai replongé dans le milieu de l’édition littéraire, en octobre dernier, après des décennies de succès en tant qu’auteur pour la télévision, la scène, etc., je n’ai essuyé que des refus. Ouais.) Bon, je sais que nous sommes censés nous fabriquer des carapaces et apprendre à vivre avec le rejet. Bullshit. Nommez-moi un auteur à qui cela ne fait pas mal. Un seul. J’attends. Et cette douleur, c’est la fissure à travers laquelle l’IA susurre son poison: “Laisse-moi faire le travail à ta place. Si tu n’investis pas sang et eau dans ton écriture, tu ne souffriras pas autant lorsqu’elle sera rejetée.” C’est un argument épouvantable, mais contre lequel je n’ai pas de réplique. En effet, si ce n’est plus votre premier-né qui se retrouve attaché sur l’autel du sacrifice, mais bien plutôt une sorte de lointain cousin que vous ne reconnaîtriez même pas si vous le croisiez lors d’un mariage, cela ne vous paraîtra peut-être plus aussi grave… Et qu’est-ce qu’on fait, maintenant? En tant que détracteur de l’IA générative en littérature, je me retrouve quelque peu coincé. Invoquer l’argument du plaisir de l’écriture (ou n’importe quelle raison évoquée dans l’introduction de cet essai) pour convaincre autrui de se passer de cette technologie implique que je lui demande aussi d’accepter davantage de souffrance en cas d’échec. Ce qui… n’est pas génial. D’autant plus que les êtres humains sont bâtis pour éviter la douleur. Grosso modo, l’individu lambda n’accepterait un pari équitable que s’il avait la chance de gagner deux dollars pour chaque dollar qu’il risquerait de perdre. (Cela semble bizarre, mais il s’agit de l’un des fondements de la théorie des perspectives, qui a valu à Daniel Kahneman une part du prix Nobel d’économie en 2002.) Donc, non seulement suis-je en train de demander à autrui d’accepter de subir un tort, mais en plus je lui demande d’aller à l’encontre de la nature humaine au passage. Je n’ai pas encore trouvé de solution objectivement satisfaisante à ce dilemme. Tout au plus suis-je parvenu à un compromis temporaire qui me suffit à moi-même, pour le moment. Il repose sur ces trois postulats:
La valeur du paramètre N dépend bien sûr de chaque individu. (Je soupçonne que la mienne sera plus basse que la moyenne.) L’important, c’est de se donner le temps nécessaire pour la déterminer. Un an. C’est le délai que j’ai choisi. Nous verrons bien, à ce moment-là, si la théorie tient debout. En attendant, n’utilisez pas l’IA générative. C’est vraiment de la cochonnerie.
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Il y a deux raisons de vouloir entreprendre un projet d’études postdoctorales (un "postdoc") en sciences humaines.
La première, et la plus courante, consiste à bonifier un CV en vue d’une éventuelle candidature à un poste universitaire. La compétition pour les quelques malheureux emplois de professeurs disponibles étant féroce, rares sont les candidat(e)s qui peuvent espérer en décrocher un avec un « simple » doctorat. Ça arrive, bien sûr. D’ailleurs, c’est arrivé au moins une fois cette année dans un département d’histoire d’une université québécoise, alors qu’il n’y a eu en tout et pour tout que deux postes en jeu dans la province entière. Il s’agit cependant d’un quasi-miracle, provoqué par une candidature et par un concours de circonstances aussi exceptionnels l’un que l’autre; le doctorant moyen serait bien présomptueux de bâtir son plan de carrière sur une fondation aussi vaporeuse. Donc, postdoc. Seulement voilà, pour enrichir un dossier de candidature, tous les postdocs ne sont pas égaux. J’ai récemment demandé conseil à plusieurs universitaires d’un peu partout à ce sujet. Devrais-je choisir un projet de postdoc assez proche de celui de ma thèse, ou bien profiter de l’occasion pour ouvrir un nouveau champ de recherche susceptible de me permettre de candidater (quel mot!) sur d’autres types de postes? Que devrais-je rechercher chez une institution d’accueil? Comment m’assurer d’en tirer le meilleur bénéfice tout en étant utile au milieu qui me recevra? Les réponses, sans grande surprise, se contredisent joyeusement; pour paraphraser un vieux proverbe, posez la même question à deux universitaires et vous obtiendrez au moins trois opinions incompatibles. Mais parmi les universitaires québécois, une tendance lourde se dessine: pour qu’un postdoc soit utile à un dossier de candidature, me dit-on, il faut le réaliser ailleurs qu’au Québec et de préférence ailleurs qu’au Canada. Hors de l’expatriation, point de salut. Ce conseil, j’en suis convaincu, m’a été donné avec les meilleures intentions du monde, par des personnes qui savent comment les comités d’embauche évaluent les candidat(e)s et comment les organismes qui financent les postdocs choisissent les projets à subventionner — parce que ce sont justement eux et elles (ou leurs collègues) qui prennent ce genre de décisions. Or, pour moi, le rapport coûts-bénéfices de s’exiler pendant deux ans est ridiculement mauvais. J’ai plus de 45 ans, une déficience visuelle, et une conjointe dont j’apprécie énormément la compagnie quotidienne et dont la carrière (vissée à Montréal) est beaucoup plus florissante que la mienne. Faire un postdoc « utile » signifierait donc passer deux ans tout seul dans une ville étrangère, à l’aube de la cinquantaine, en espérant ainsi devenir encore plus qualifié pour un emploi qui n’existera probablement pas à mon retour, avec ma canne blanche comme seule compagne. Non merci. À moins, comme on me l’a suggéré récemment, de trouver un milieu d’accueil plus ou moins fictif où je me rendrais quelques fois par année. En quoi est-ce que passer une semaine en Europe ou en Californie à tous les deux ou trois mois constituerait une meilleure formation que de m’intégrer pleinement à une équipe de recherche basée à distance de métro de chez moi, je n’en ai pas la moindre idée; les voies de l’administration universitaire sont impénétrables. (En passant, je présume que ce fétichisme du pas-chez-nous, déjà tristement démontré par le programme de Chaires de recherche du Canada 150, constitue un phénomène typiquement canadien. Imaginez un moment suggérer à un Étatsunien, fier citoyen d’un pays pas cinglé du tout où les gens se rendent à l’église pour, à toutes fins pratiques, épouser leurs fusils d’assaut, qu’il lui faudrait passer quelques années à l’étranger avant d’être considéré compétent pour un emploi chez lui…) Ce qui m’amène à parler de la deuxième raison d’entreprendre un postdoc : le traiter comme un emploi en lui-même. Un emploi à durée déterminée, pas toujours très payant, mais « local » et plus vivifiant pour l’esprit que la majorité des alternatives. Certaines universités (habituellement anglophones) et organismes privés offrent parfois des fellowships postdoctoraux à ceux et celles qui voudraient bien remplir un certain nombre de tâches fixes, en sus ou en remplacement de leur propre recherche. C’est peut-être une meilleure piste, d’autant plus que les réponses aux candidatures proposées dans ce genre de concours sont envoyées en quelques semaines, comme dans un processus de recherche d’emploi ordinaire, plutôt qu’après plusieurs mois de délai comme au CRSH ou au FRQSC. Bref, la probabilité que j’investisse plusieurs semaines dans la préparation d’un dossier pour les concours de bourses postdoctorales de l’automne est plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’était au début de l’année. Mais retourner à la pige, dont j’ai très bien vécu pendant une vingtaine d’années, et envisager un éventuel fellowship comme une pige parmi d’autres, pourquoi pas? Quant à un hypothétique poste universitaire, si jamais une quelconque intervention surnaturelle devait en produire un qui soit compatible avec mes maigres talents, les trois à cinq publications révisées par les pairs et la quinzaine de communications scientifiques que j’aurai accumulées d’ici le printemps 2019 devront suffire à promouvoir ma candidature. Advienne que pourra. (Note: ce billet constitue plus ou moins une suite à celui-ci, qui portait sur l'organisation d'une semaine de travail.) "You should be writing."
Cette phrase, tous les universitaires l'ont entendue, répétée jusqu'à la nausée. Parfois en blague qui fait rire de plus en plus jaune. Parfois en menace à peine voilée : il n'y a que les ultra-productifs qui ont une petite chance de trouver un emploi en milieu académique un jour, alors chaque minute passée loin du bureau/labo/clavier pourrait aussi bien avoir été consacrée à planter un clou dans le cercueil de tout espoir de faire carrière. N'en croyez pas un mot. Ce mème toxique vous ment, et ceux qui le répandent vous mentent aussi. Personne n'est efficace du matin au soir. Surtout pas de la même manière. Surtout pas quand vient le temps d'écrire. Je suis bien placé pour le savoir, moi qui, pendant un quart de siècle, ai gagné ma vie en écrivant des scénarios de jeux vidéo, des chroniques pour la radio et la télévision, du stand-up comique pour la scène, des billets d'opinion et environ 6 000 billets de blogues pour une demi-douzaine de médias. Un quart de siècle pendant lequel je n'ai jamais été capable d'écrire sur une base soutenue pendant plus de trois heures par jour. Et pas à tous les jours. (Le phénomène n'est pas limité à l'écriture, ni au milieu universitaire. Il y a de nombreuses années, j'ai lu une étude qui concluait que la plupart des gens qui travaillent dans un bureau n'y sont vraiment efficaces que deux heures par jour en moyenne, le reste du temps étant perdu en réunions stériles, en bavardage, en problèmes techniques, en pertes de concentration causées par la visite inopinée du patron, etc. Et ça, c'était avant que Satan n'invente le courriel, le téléphone intelligent et les bureaux à aire ouverte.) Trois heures par jour, disais-je C'est ce à quoi je suis parvenu à m'entraîner avec le temps. Comment? En apprenant à quel moment de la journée j'écrivais le mieux, en réservant la plage horaire en question exclusivement à l'écriture, et surtout en faisant autre chose du reste de la journée plutôt que de fixer une page blanche en comptant mes sueurs froides. Le drame de l'universitaire toujours stressé, c'est de cette manière qu'on peut le combattre: en arrêtant de lutter contre les rendements décroissants et en effectuant, à chaque moment, les tâches qui conviennent le mieux à la manière dont nos cerveaux fonctionnent à ces instants précis. Dans mon cas, j'ai appris avec le temps que mon cerveau fonctionnait en blocs de trois heures quelle que soit la tâche à accomplir. C'est la limite de ma concentration, après quoi plus rien ne progresse. (Il y a des exceptions; parfois, en état de "flot", je peux rester plongé dans la même tâche pendant une heure de plus, mais ça n'arrive pas beaucoup plus d'une fois par mois.) D'autre part, en vieillissant, j'ai constaté qu'il y a une limite de plus en plus serrée au nombre de tâches très différentes que je peux accomplir dans une même journée, ce qui m'incite à enfiler des tâches similaires l'une après l'autre pour éviter d'avoir à "redémarrer" mon cerveau. L'équilibre est délicat: faire la même chose toute la journée ne fonctionne pas, mais tenter de changer de mode de fonctionnement plus de deux ou trois fois ne fonctionne pas non plus. Pour toutes ces raisons, j'organise donc mes journées de travail non pas en heures, mais en blocs de 3 heures ou moins:
Pendant le trou entre 13h et 15h, je m'aère l'esprit en allant au gym ou en marchant jusqu'à l'épicerie. Ça aide - en autant que je n'exagère pas trop sur l'intensité parce que mon corps n'est pas très vaillant après un exercice violent. Et la barrière des 18h00 est fixe puisqu'il faut que je commence à préparer le souper. Pas d'excuses; le travail sera encore là demain, lorsque les bouches affamées auront été rassasiées. À vous de savoir lesquelles de vos tâches requièrent le plus d'énergie et comment les répartir. Si votre cerveau est plus flexible que le mien, un plus grand nombre de blocs plus courts pourrait être un meilleur choix pour vous. Même chose si vous n'avez pas encore l'habitude d'écrire; mieux vaut une ou deux heures productives que trois heures dont la dernière est gaspillée parce que plus rien n'apparaît sur l'écran. La valeur de l'expérience Pourquoi avoir choisi la période entre 10h et 13h pour l'écriture et la programmation? C'est le résultat d'une longue expérimentation, pendant laquelle j'ai bêtement mesuré les résultats que j'obtenais en essayant différentes combinaisons. J'écris et je programme mieux en milieu de journée que le reste du temps, c'est tout. Alors j'ai organisé mon calendrier en fonction de cette caractéristique de mon cerveau. Notez que certains auteurs recommandent systématiquement d'écrire tôt le matin, au moment où le cerveau est le plus frais. Il semble que ce soit la méthode qui fonctionne pour le plus grand nombre de personnes. Peut-être devriez-vous commencer vos propres expériences ainsi. Mais n'ayez pas peur d'essayer autre chose si l'écriture matinale ne vous convient pas, ou si les réactions de votre corps et de votre cerveau changent avec l'âge. À l'époque de ma folle jeunesse de pigiste, il n'était pas rare de me voir pianoter furieusement sur le clavier à l'aube et finir ma journée de travail avant le lunch, ce qui serait d'une inefficacité navrante aujourd'hui. J'ai aussi connu des gens qui écrivaient la nuit pour avoir fini leur boulot à temps pour préparer les enfants pour l'école. L'important, c'est que ça fonctionne. After my presentation at the Canadian Society for Digital Humanities' annual conference, which took place at the Congress of the Humanities and Social Sciences in Toronto last May, I wrote this post at the request of the organizing committee. To the best of my knowledge it was never published, nor were those of the other grad students who volunteered their thoughts on the matter; I certainly never saw any of these essays online, anyway. I post it here in the hope that it may be of use to grad students who are thinking about applying for 2018. This was my first Congress. It was not, however, my first professional convention, not by a long shot. I am, after all, on the aches-and-pains side of forty, and closing in on the oh-dear-god-no side of fifty. Indeed, throughout my previous careers in television and in video game development, I attended smallish events taking place in nondescript suburban hotels, international conferences hosting thousands upon thousands, and monster trade shows where NFL stadiums were the secondary exhibition floors. I have spoken in front of packed houses, I have lectured to empty ballrooms while the most famous game designer in the world spoke across the hall — two years in a row —, and I have hosted a roundtable where the very same super-famous guy showed up unannounced. Yeah, I’ve got stories.
So today, I wanted to talk to you about what makes CSDH/SCHN and Congress special, and how to make the most of the event should you be so lucky as to be able to attend next year. First: Congress is huge (over 10,000 participants in Toronto in 2017) but the CSDH/SCHN conference itself is quite small. The number of sessions taking place at any given time, this year, varied between one and three. Therefore, if someone you really want to meet is at the event at all, you *will* get a chance to talk to them, probably more than once. This is good, especially for the terminally shy like me, because it means that you can pace yourself instead of jumping on every networking opportunity as soon as it presents itself. For example, on the first day, the stars of your field are probably busy catching up with friends they have known for years. Let them. Talk to fellow grad students, approach speakers after their talks, or just get comfortable with your surroundings. On the second day, the catching up will be over and the big names will have more time for you. Day 2, in other words, is prime networking time. Don’t wait until the last day of the event, though, because not everyone sticks around that long. Second: make a plan. Flag down the sessions that you want to see, including the invaluable career-oriented events open to all Congress participants and the keynotes by public figures, and make sure that it is physically possible for you to be in the right building at the right time. In Toronto, the career corner was located at the back of the fourth floor of the old Maple Leaf Gardens, a good 15-20 minute walk from the business school where the lunchtime keynotes were taking place — which meant a bit of a scramble when the schedule got tight. (Wear comfy shoes.) Third: remember that Congress, unlike most business conventions, takes place on a University campus, filled with University buildings. You are familiar with those: they have all been designed by mad people. You *will* get lost. If you have the chance, arrive a day early and, at the very least, familiarize yourself with the campus’ layout. If you can locate the rooms where key events will be taking place, even better. I had a couple of quick conversations with busy professors as I was guiding them to rooms where they were about to chair sessions; time well spent, indeed. And finally: people at CSDH/SCHN are *nice*. Unusually so. Take advantage of it. Go to the grad mentorship events and social mixers, even if you’re tired. Keep in touch via Twitter afterwards. And start making plans to attend again next year. I know I will. |
AuteurFrançois Dominic Laramée est un auteur et historien québécois. Archives
Janvier 2026
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Crédit image d'en-tête: Abhi Sharma, Flickr
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