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J'ai lu 62 livres en 2025, plus des morceaux de plusieurs autres pour fins de recherche. C'est un peu moins que l'année précédente (68) mais plus que l'objectif que je m'étais fixé (50).
Ma liste de lecture a aussi été moins éclectique qu'à l'habitude, puisque j'ai consacré la majeure partie de l'année à chercher des "comparables" pour mon propre roman. Les comparables constituent un outil de marketing incontournable; les lettres de présentation aux agences et aux maisons d'édition doivent toutes contenir quelque chose comme: "Ce livre ressemble à X, mais avec quelques éléments de Y et peut-être de Z", où X, Y et Z sont des ouvrages récents (~2 ans ou moins) qui ont connu du succès dans le même genre que l'oeuvre soumise ou dans un genre connexe, mais pas trop de succès pour que l'auteur qui s'y compare n'ait pas l'air d'avoir la folie des grandeurs. Donc, les trois quarts de ce que j'ai lu en 2025 étaient des romans de fantasy, science-fiction ou romantasy de 2023 ou plus récents, et tous en anglais. Ce sera différent sur tous les points en 2026. Ceci dit, voici 11 lectures que je vous recommande, dans un ordre arbitraire. WHAT DOES IT FEEL LIKE? de Sophie Kinsella -- Une fictionalisation du combat de l'autrice contre le cancer, qui l'a emportée en fin d'année. Un livre coup de poing, qui jure évidemment avec le ton léger de la plupart des romans de SK, et qui démontre qu'elle n'avait pas encore fini de nous montrer son talent. Crisse de cancer. THE RIVER HAS ROOTS d'Amal El-Mohtar. Une fable poétique sur l'amour familial et romantique, dans un univers intensément créatif. Un tout petit livre qui se lit en une soirée mais où chaque phrase, ou presque, apporte un nouveau délice. OLD MAN'S WAR de John Scalzi. Au lieu de mourir de vieillesse, enrôlez-vous dans l'armée intersidérale. On vous donnera un nouveau corps et une nouvelle vie. Sauf que... Cet ouvrage est un jeune classique; le 6e ou le 7e volume de la série a été lancé cette année. Du bonbon. ANNIE BOT de Sierra Greer. Une étude (une autre) des limites au-delà desquelles une intelligence artificielle devient humaine. Captivant, et combien pertinent par les temps qui courent. La trilogie THE INTERDEPENDENCY de John Scalzi. Oui, encore lui! Le réseau de "flot" qui relie les planètes d'un empire galactique où chaque monde est dépendant des autres pour la survie est en train de se désagréger. Un thriller politique amusant, qui exploite à la perfection les dialogues en mitraille qui ont fait le succès de l'auteur. J'ai adoré Kiva Lagos, si mal engueulée que le narrateur à la troisième personne ne cesse de jurer lors des scènes qui la mettent en vedette! ENSHITTIFICATION de Cory Doctorow. Pourquoi tout va toujours de plus en plus mal dans le monde de la technologie et comment faire pour que ça change. Décourageant par moment, mais tellement pertinent. MY NAME IS EMILIA DES VALLE d'Isabel Allende. L'histoire d'une journaliste américaine qui part à la recherche de ses origines chiliennes pendant la guerre civile qui déchire ce pays. J'ai vu quelques critiques qui accusent Allende de se répéter par rapport à ses romans précédents; comme c'était ma première expérience avec elle, je ne peux pas me prononcer là-dessus, mais j'ai adoré. THE GUNCLE de Steven Rowley. Un acteur gai dont la carrière ne va nulle part hérite des enfants de son frère pour trois mois, alors que celui-ci part en cure de désintox après la mort de sa femme (mère des enfants et amie de toujours du personnage principal). Une comédie sur le deuil, ça ne court pas les rues, mais celle-là est extrêmement bien ficelée. FOURTH WING de Rebecca Yarros. Une jeune femme qui se destine à une carrière de bibliothécaire se retrouve parachutée dans une école de pilotes de dragons. Tout le monde s'attend à ce que ça finisse mal, jusqu'à ce que l'héroïne soit adoptée par deux dragons à la fois (chose inédite): un énorme mâle très puissant et extrêmement sarcastique et un bébé capable d'arrêter le temps. Le troisième volume de cette série a été parmi les plus gros vendeurs de l'année, toutes catégories confondues. L'univers fantastique est convaincant; l'aspect romantasy est plus bancal. HIGHER MAGIC de Courtney Floyd. Des étudiants en magie aux cycles supérieurs doivent composer avec la pression de réussir, l'anxiété, des handicaps et les préjugés du monde universitaire. Raide et peut-être trop "woke" au goût de certains, mais brillant. THE INCANDESCENT d'Emily Tesh. La vie dans une école de magiciens pour gosses de riches installée dans la campagne anglaise, du point de vue d'une des profs qui y enseignent. BABEL, de R.F. Kuang. Un institut de magie à l'Université d'Oxford qui pue le colonialisme et l'exploitation. C'est glauque et parfois un tantinet trop lent, mais captivant. En fin de compte, j'ai retenu THE INCANDESCENT comme comparable principal et HIGHER MAGIC et l'ensemble de l'oeuvre de John Scalzi comme compléments. BABEL est un peu trop vieux pour servir, mais je m'attaque bientôt à KATABASIS, le dernier ouvrage de Kuang, au cas où j'aurais besoin de réviser mon pitch de vente le mois prochain...
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AuteurFrançois Dominic Laramée est un auteur et historien québécois. Archives
Septembre 2026
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Crédit image d'en-tête: Abhi Sharma, Flickr
CC BY 2.0 |
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